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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 12:02

Modern Times 1

Flash-back égotripique.

Ca y est, j’ai écoulé mon crédit sympathie hier vers 22H ! Cette 1ère journée peut se résumer à la claque cyclonique que le monde du travail m’a mit.

Melon-Land : 1 – La-Babouch-k : 0

J’ai 16 ans et y a pas de doute je n’ai pas aimé mon 1er jour de labeur. Mon dos, mes pieds, mes poignets et mon nez s’en rappelleront encore longtemps. Le plus dur n’était ni ces 10H d’affilé, ni la découverte de la pause non payée ou encore de répéter machinalement la même routine. Non, le plus traumatisant ce fut surement que mon cerveau a été grandement endommagé car à aucun moment stimulé ! Dans toutes mes expériences salariales j’ai menacé de racheter l’usine pour la raser et y poser un aéroport international mais personne ne m’a jamais pris au sérieux. « Evitez de ricaner au nez des déshérités », parce qu’un jour VOUS verrez !

Je croyais bêtement que ce genre de taf n’existait que dans l’œuvre de Zola. Mais j’étais bien en France, en 2003 et c’était aussi réel que mon 1er SMIC dilapidé dans des futilités (non rien de rien non je ne regrette rien). Il m’était arrivé plus d’une fois de finir ma journée à 5H du mat sur le dancefloor mais jamais de la commencer si tôt. Qui aurait cru qu’à 4H45 tapante je serais là pour pointer alors que je me levais à peine pour aller en cours ? C’est fou comment le chèque du 5 du mois te motive à ne pas démissionner, à ne pas insulter ta chef d’équipe, à ne pas rayer sa voiture ou même à ne pas foutre le feu à l’usine ! Chaque été sacrifié au salariat, la cupide-woman que je suis, je relativisais parce que le SMIC a toujours su soulager ma douleur profonde, mon dégout de ce monde où on est payé non pas pour ce que l’on produit mais pour accepter notre place au sein du système productif. Ce n’est pas de la flexibilité qui nous est demandé mais plutôt de la dévotion. Moi qui n’aime pas du tout me plier en 4 pour des clopinettes et encore moins tourner 7 fois ma langue dans ma grande bouche je vous laisse imaginer le choc quand un jour, je n’ai plus eu 16 ans. Y’en a qui prennent du ferme et d’autres qui prennent un loyer. Alors j’ai appris à prendre sur moi et enchainer un « pas de la gazelle » et à garder la pêche sans m’étouffer avec le noyau du capital.

Mes expériences pro n’ont fait que confirmer cet amour aigre-doux que j’avais pour la classe ouvrière. Il m’est arrivé d’en vouloir à ses ouvriers saisonniers (ou pas) de fermer leur gueule face aux abus du patronat. Mais mon vrai problème reste ce système auquel ils contribuent et pas que malgré eux. Il y a ceux qui font le minimum syndical, qui freinent la production, et qui s’en foutent du taux d’efficience. Et d’autres qui sont Totaly pas Spies mais zélés. Des névrosés adeptes de la délation, du travail pendant les temps-mort et qui font les yeux doux au contremaitre qui n’en a rien à foutre comme de son premier slip kangourou. Comme si l’usine était à eux ou que leur vie en dépendait… Bande de chèvres ! Vive la violence symbolique et les sous-diplômés, au brushing impeccable, postulant à l’administration de l’EPAD (n’est pas fils de Président qui veut) ! Vive la division du travail parfaitement orchestrée où ça sent la sueur et l’exploitation qui m’aura appris que le temps reste notre plus grande richesse.

J’ai une pensé pour ceux qui ont « (très) mal au travail », ces marche-ou-crève qui se suicident sur leur lieu de travail (retournez donc cette violence contre vos oppresseurs!). Pour ceux en fraude faciale qui n’ont pas la gueule de l’emploi. Pour ceux qui n’ont pas le travail comme valeur et qui savent que : Travailler c’est la santé ne rien faire c’est vraiment la conserver. Et à toutes les personnes que j’ai croisé dans mes courtes périodes salariales, temps de travail subi et précaire. Pour ces smic à 7€ et des poussières de dévotion, d’aliénation, d’assujettissement et de dépossession des moyens de production net de l’heure.

 

La-Babouch-K de la Valée des Damnés

qui n’a pas parlé des Appareils Idéologiques d’Etat

mais qui a pris un an de plus.

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commentaires

Da Pluski корњача 28/12/2009 11:51


Dobar dan my-BAH-BUSH-SKA. I hope que Kako si ?


J'ai regardé "J'ai très mal au travail" ce W.E. et j'ai pris des notes si tu veux savoir. Ca me sera utile pour ma recherche. J'vais adopter le format vidéo je pense pour mes investigations. Alors
Alors Alors, j'ai retenu que (ce sont mes notes brutes HEIN):

-Le W(ork) était une servitude volontaire, un amalgame entre souffrance et plaisir (alors 'pourquoi je reste?')
-W et tait toi... et consomme (passage du taylorisme au fordisme);
-une activité qui meurtrie le corps mais où on peut trouver une satisfaction
-les call-center et les caissières sont en réalité des ouvriers à la chaînes,
-que le hors-travail était envahi par le travail (chez les cadres) -> difficile maintien de la frontière -> ordinateur qui rentre à la maison...etc
-les entreprises qui se déshumanisent le plus, ont un grand besoin de se penser dans l'illusion, dans des stratagèmes et des mises en scène de l'humanité (La comédie musicale chez les cadres de
Dassault)
-le new totalitarisme: réduction de l'individu à la seule dimenssion économique mais perdre sa vie en la gagnant
-instantanéité par soucis d'efficacité= INTENSIFICATION. W-er dans l'urgence, être au pied du mur, stressé, challenge, motivation, vivre dans l'instant...
-le TTU (très très urgent): l'important est l'urgent et l'urgent est important (le temps de l'immédiat)
-(je passe le chapitre gratification... ) de - en - d'espace pour les rencontres informelles dans l'entreprise. L'OpenSpace est une illusion de proximité mais un lieu de concurrence constante.
-UN SOUS USAGE DES GENS (+ discrimination)
-produire de la peur pour banaliser la mal induit sur le lieu de travail
-informatisation= contrôle des individus accru. /// flux tendu = tricherie (de la nécessité de productivité)
-souffrance émerge quand il y a perte de statut: mise au placard, chômage... (à quoi je sert?!) /// se rendre compte de l'immensité que l'entreprise a pris dans votre vie. Plus d'existence ou de
raison sociale. Rejoindre la cohorte des sans emploi
-(je passe le chapitre compétitivité...) --> mais risque de chômage fait accepter la souffrance, la peur est un moteur pour l'entreprise = on sert le système. la peur légitimise la
souffrance.
-ce n'est pas les gens qui sont malades mais l'entreprise
-"juridification" des conflits (car petite mort du syndicalisme)
-pour être heureux il faut pouvoir consommer et donc travailler en compensation: perte identité, carence narcissique, sentiment d'exister à travers sa conso
-ce monde tient par l'intensification des besoins = production violence = production de la mort
-La New génération qui ne peut accéder au monde du W, l'ont moins comme valeur... (à développer)



Voilà quelques pistes (& banalités) qui je l'espère te feront réfléchir au TEMPS comme seule richesse...

J'y pense, j'ai assisté à un séminaire sur les mémoires migrantes (potiers / tours). Niveau méthodo une intervenante a basé son taf sur de la récolte d'objet (près de 500). Elle a vraiment fait
parler les objets anthropologiquement. (NON JE SUIS PAS AMOUREUX) Je t'en parlerai plus longuement si ça t'intéresse, maintenant tu sais, reste à toi de me le rappeler pour que je t'en dise plus.
(compte-rendu je ferai...)

Prend bien soin de toi belle plante exo-tox-ique... Do vidjenja!
ah et aussi: LONGUE VIE A LA BABOUCH-INC !


S-H-S 31/12/2009 17:40


ve molam! ti govori mnogu ubavo.  mene jas bide rosuva!!
(la preuve cette phrase veut plus dire grand chose)

Ce séminaire COST je voulais tellement y assister en plus GRRRRR... mais je compte sur toi pour ton résumé. Blagodaram pour toutes ces précisions!!
Euh et Antoine Dumont était là où pas? Je lui dois une jolie trame théorique! et la collect d'objet là c'est pas sur l'Arménie?

zdravo! ubav dete razlien!! (et si on se mailait ça serait plus simple NON?)
ogromen bakne!!!


Tarubilarabstrait 21/12/2009 17:28


Tu as bien conté le joyeux monde du salariat. BRAVO. Tu te souviens de CE back-up Happy-Meal-ien?


S-H-S 23/12/2009 01:58


Merci. Si tu fais réf. au last HM back-upé non c'est déjà du passé même si ça m'avait couté ma place. Je me demande comment tu fais pour encore y taffer!? va chez Quick ça te changera ou KFC ça te
fera le Tower!

Grande Beijo petite tête


Aïdan des Red Lions 94 17/12/2009 10:32


PS:Bien sûr toutes les choses que je décris font partie d'une aliénation qu'il faut faire sauter. C'était juste pour remettre deux trois trucs à leur place...


S-H-S 17/12/2009 18:26



Hello le(s) Red Lion(s)


 


 


"Si personne ne travaille on mange quoi?"  --- Et bien on mange des pierres!


Même si je n'ouvre pas de conserves j'e n'ai pas la bêtise de croire qu'elles tombent du ciel chez le
distributeur (ceci pour les avoir conditionné)...


 


Le  travail à trop être une valeur, un refuge n'est ce pas dangereux surtout à notre époque
ou la sécu de l'emploi n'est presque plus que mirage?


 


N'est ce pas détestable de trop s'investir pour en retirer le minimum syndical?


Les exemples dans l'actu ne manquent pas : Les Molex, les Conti, les Caterpillar... et tous ces
intérimaires taillables et jetables ?


 


Moi ça me file la nausée de voir qu'on est passé d'une lutte pour des droits, des avancés sociales (RIP le
syndicalisme français) à une lutte pour un départ (post licenciement) correct.


Là je n’accuse pas seulement l’individualisme grandissant mais aussi les mécanismes qui nous y conduisent et
les ‘’pièges’’ tendus dans lesquels on plonge parfois à corps perdu.  


 


Bien sûr qu'ils y a des gens qui aiment leur travail et qui en sont fiers. Et quelque soit la nature de leur
taf c'est respectable et honorable. Je n'ai pas évoqué les 'passionnés' mais ce billet n'a rien d'exhaustif. J'y pointe avant tout le système qui conditionne l'humain et seulement certains de ces
acteurs. Non, je ne réduit en rien le salariat au SMIC et je n'oublie pas plus l'épanouissement que le travail procure chez certains. J'ai d'ailleurs une pensée pour ceux que j'ai côtoyé ou
côtoie et qui parlent de leur travail avec des yeux amoureux et la plus grande des fiertés. Je ne critique pas l’ouvrier spécialisé mais une fois de plus le système qui a spécialisé l’homme, le
laissant dépendant (au sens 1er du terme) des autres (passage de la solidarité mécanique à organique…).


 


Ce n'est pas parce que je suis une privilégiée (tout est relatif j'ai su trouver mon compte ailleurs) que je
n'ai pas la légitimité de penser le système ou de le critiquer. J'aimerai tellement travailler un mois par an sincèrement mais depuis mes 16 hivers toutes mes étés y passent et depuis mon entrée
à la fac je travaille quasi 20H par semaine voir plus si affinité. Mon CV commence à être fourni en expériences diverses et variées (du Primaire au Tertiaire...) alors je ne lâche pas ces mots
amers au hasard ou gratuitement.


C'est alimentaire certes, un mi-temps étudiant certes, je n'ai pas d'enfant à nourrir certes ou de crédit sur
200 ans à payer certes... (trop de certes tue le certes) et CERTES je n'ai retiré que très peu de satisfactions dans ces différentes ''missions"... MAIS je ne dénigre en rien TOUT les salariés de
France et de Navarre. Tout simplement parce que ça serait craché à la gueule des miens, de mes propres parents et sur tout ce qu'ils ont pu m'apporter. 


 


 


Voilà… pour d’autres choses remises en place.


 


 


Take Care les Lions Rouges…  et à bientôt


 


 


 


  


 


 


 


 



Aïdan des Red Lions 94 17/12/2009 10:29


Yes la babouch-k ca va bien?

Bon c clair qu'au taff ya des balances et des premiers de la classe qui en plus mettent la pression a tout le monde . ya le problème des petits chefs et des ambitieux. des lèche bottes et des faux
culs.

Mais après tu peux pas en vouloir aux gens d'aimer leur travail, même un travail de merde.

C'est facile pour toi de te dire c'est un travail a la con c'est juste alimentaire. Parce que tu ne fais ca que pendant un mois par an.

mais yen a c'est toute leur vie en entier. Et ils peuvent pas dire ma vie c'est de la merde. premièrement parce qu'ils sont fiers de gagner leur vie aux prix de leurs efforts. (N'oublie pas que
chaque boite de conserve que tu ouvres vient du travail de qqn d'autres).

Deuxièmement les gens deviennent compétent à leur poste à force et en tirent une fierté qui vient compenser l'humiliation de se faire exploiter pour un smic et de fermer sa gueule.

Et puis le truc anti travail. la question c'est "si personne ne travaille on mange quoi?"

Sinon on aime nien tes collages, tes dessins et tes photos. Si tu veux qu'on publie fais nous signe.

take care.


S-H-S 17/12/2009 18:25



Hello le(s) Red Lion(s)


 


 


"Si personne ne travaille on mange quoi?"  --- Et bien on mange des pierres!


Même si je n'ouvre pas de conserves j'e n'ai pas la bêtise de croire qu'elles tombent du ciel chez le
distributeur (ceci pour les avoir conditionné)...


 


Le  travail à trop être une valeur, un refuge n'est ce pas dangereux surtout à notre époque
ou la sécu de l'emploi n'est presque plus que mirage?


 


N'est ce pas détestable de trop s'investir pour en retirer le minimum syndical?


Les exemples dans l'actu ne manquent pas : Les Molex, les Conti, les Caterpillar... et tous ces
intérimaires taillables et jetables ?


 


Moi ça me file la nausée de voir qu'on est passé d'une lutte pour des droits, des avancés sociales (RIP le
syndicalisme français) à une lutte pour un départ (post licenciement) correct.


Là je n’accuse pas seulement l’individualisme grandissant mais aussi les mécanismes qui nous y conduisent et
les ‘’pièges’’ tendus dans lesquels on plonge parfois à corps perdu.  


 


Bien sûr qu'ils y a des gens qui aiment leur travail et qui en sont fiers. Et quelque soit la nature de leur
taf c'est respectable et honorable. Je n'ai pas évoqué les 'passionnés' mais ce billet n'a rien d'exhaustif. J'y pointe avant tout le système qui conditionne l'humain et seulement certains de ces
acteurs. Non, je ne réduit en rien le salariat au SMIC et je n'oublie pas plus l'épanouissement que le travail procure chez certains. J'ai d'ailleurs une pensée pour ceux que j'ai côtoyé ou
côtoie et qui parlent de leur travail avec des yeux amoureux et la plus grande des fiertés. Je ne critique pas l’ouvrier spécialisé mais une fois de plus le système qui a spécialisé l’homme, le
laissant dépendant (au sens 1er du terme) des autres (passage de la solidarité mécanique à organique…).


 


Ce n'est pas parce que je suis une privilégiée (tout est relatif j'ai su trouver mon compte ailleurs) que je
n'ai pas la légitimité de penser le système ou de le critiquer. J'aimerai tellement travailler un mois par an sincèrement mais depuis mes 16 hivers toutes mes étés y passent et depuis mon entrée
à la fac je travaille quasi 20H par semaine voir plus si affinité. Mon CV commence à être fourni en expériences diverses et variées (du Primaire au Tertiaire...) alors je ne lâche pas ces mots
amers au hasard ou gratuitement.


C'est alimentaire certes, un mi-temps étudiant certes, je n'ai pas d'enfant à nourrir certes ou de crédit sur
200 ans à payer certes... (trop de certes tue le certes) et CERTES je n'ai retiré que très peu de satisfactions dans ces différentes ''missions"... MAIS je ne dénigre en rien TOUT les salariés de
France et de Navarre. Tout simplement parce que ça serait craché à la gueule des miens, de mes propres parents et sur tout ce qu'ils ont pu m'apporter. 


 


 


Voilà… pour d’autres choses remises en place.


 


 


Take Care les Lions Rouges…  et à bientôt


 


 


 


  


 


 


 


 



Danonino 14/12/2009 19:03


Domage j'ai loupé le conseil de rédac (hi hi ha ha)
J'ajouterais que:
- le travail dénature l'homme et en fait 1 marchandise. Plus il produit de richesses plus il s'appauvrit et devient 1 marchandise.
- Ce n'est que le besoin qui contraint au travail, cette instrument de torture et de l'exploitation de l'homme par l'homme. L'effort dans la souffrance fouiny-baby!
- celui qui possède les moyens de production n'est que théoriquement libre ou dépositaire du temps (on meurt tous). En réalité celui-ci met du travail au plein coeur de sa sphère privée: il mange,
dort, rêve, pense travail)...


(Wallah que j'ai pas mangé René Warck !)

En esperant développer ceci cela lors d'un other artikeuul"


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Intro à la Conclusion..


La-Babouch-K® est née d'une fusion entre une chaussure pointue aérodynamique reçue en pleine face et d'une matriochka alcoolisée au thé à la menthe.

Bon ok, en vrai c'est parce qu'elle est ethniquement beur demi slave et qu'elle a une passion pour la chaussure pointue d'Afrique du Nord.

La-Babouch-K® c'est toutes les babouches (K ou pas), co-auteurs et instigateurs d'idées pour l'alimentation de la billetterie blogienne.

Alors, enfile tes babouches, n'hésite pas à laisser tes impressions, critiques, idées ou suggestions...

Bonne errance en Babouch-K-ratie ®.

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