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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 09:06

tide.jpgAssez étonné cette année, je n’ai pas eu à glisser un billet e 50dirhams dans mon passeport pour pouvoir passer la douane. Le Maroc aurait-il changé ? Séquence émotion et investigations. Vérification et déambulations me permettront de répondre à cette question.

 

Le Maroc reste le pays number one de l’irrespect scrupuleux et dans les règles de l’art du code de la route. J’ai failli me faire écraser 3 fois et je n’ai jamais pu passer la 4e. Me voilà presque rassuré ! Effarouché par l’idée de mourir d’un accident de la circulation ou de me faire écraser par un mulet tractant avec les dernières de ses forces Moul’quelque-chose. Ce même qui dirige sa monture et qui n’a pas oublié quand j’ai tenté de marchander un dirham de réduction sur l’achat d’une pastèque. Note à moi-même : ne jamais sortir une liasse de billets bleus et m’attendre dans la foulée à ce que sarf me soit rendu.

 

Pas fou le hibou, je prends le premier taxi blanc, que j’allais partager avec 6 inconnus, chauffeur compris. J’avais oublié que celui qui a le volant, a le pouvoir, de ne pas mettre son compteur et surtout d’être naturellement  susceptible de me déposer n’importe où sauf là où je l’avais décidé. Et surtout, oui surtout, au milieu de nulle part. Nulle part ce n’est pas à 300 mètres de ton point d’arrivée. C’est plutôt en mode au milieu du jbel entre 2 chèvres alors que je voulais me rendre à Miami plage. Je n’ai pas été déçu, un frigo flottait dans l’eau. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

Parlons-en des des Moul’quelque-chose. Le gang, que dis je la mafia la plus désorganisée du monde.  Si tu n’as pas de Rolex et qu’en plus tu n’as jamais entendu de ta vie leur litanie sur fond de klaxon, c’est que tu as raté ta vie mecton. Moul’javel, Moul’na3na3, Moul’ceci, Moul’cela, les déclinaisons ne manquent pas. Mon préféré reste, roulement de darbouka : Moul’Polo ! Chaque après-midi, il déambule de rue en rue, son cri de guerre à l’appui: « Polo poloooo polo tut tut tuuut ». Il sévit sans que personne ne s’inquiète réellement. Sauf les darons qu’on vient resquiller de quelques dirhams. Artisan recycleur, il deal ses bâtonnets façon bout de cagettes surmonté d’un amas congelé de sucre et de peinture. Verdict, il est bon de louer le Seigneur et aussi de finir la langue échardée et coloré d'un beau fluo.

 

Suspect, les rues sont presque propres. Oui presque propres, les montagnes d’ordures cette année ne me dépassent pas. Le Maroc reste tout de même le seul pays, où on retrouve des mika kelha (sac plastiques noirs) fossilisés. Le Mika Kelha est un peu ce qu’est le malo woussou au riz, le riz qui n’a pas de goût. Selon une légende urbaine  et qui a grave la peau dure, on aurait retrouvé au pied d’un zarboul-ier un spécimen de plus de 3500 ans. Le Mika Kelha rappelons le, est la seule chose que le marocain n’est pas en mesure de recycler, sauf peut-être pour cercler son couscoussier.

 

C’est le seul pays où tu règle tes comptes à coup de baygon avec des cafards. J'ai l'impression que plus fat que l'an passé, le cafard reste beaucoup plus évolué que nous humains. Pour preuve il saura très bien te rendre la pareille. Une fois que tu t'es auto-asphyxié par les vapeurs, tu peux l’entendre lâcher un « krrr krrr krrr, loupé ». Je les aurais un jour, je les aurais!

 

Dernier clin d’œil : le Tide, est un repère absolu pour moi. Depuis 150 ans (ou presque), le Tide n’est pas seulement une lessive mais une merveille à 1000 et 1 usages. Avec Tide tu laves le linge certes mais aussi la vaisselle, les tapis, les cheveux et les dents des mioches qui courent fal’zanka en slip la morve au nez. J’allais oublier, en cas de bobo il y en a qui prenne du Synthol, moi j’te dis : prend une cuillère de Tide frérot !

 

Après avoir constaté que le Tide a toujours une place monopolistique dans le cœur des marocains et sur le marché de l’hygiène, je pourrais presque rentrer en paix. Je finis quand même par me dire que la Maroc c’était mieux avant. Le Maroc ce n’est pas tout à fait (que) ce que je viens de vous décrire, mais si ce n’était pas le 1er producteur de Tbarguig (racontar) au monde, je n’aurais pu raconter toutes ses vérités qui font que le bled c'est une autre planète. C’est bien là un phénotype marocain par excellence, qui me laisse penser qu’un jour tout ça sera fini. Le Maroc c’était presque mieux avant, parce qu’à ce qu’il parait, aujourd’hui le rêve africain est principalement… made in China.


Il est facile de jeter la pierre… dans l’eau, mais sans accoler une image de sauveteur et de développeur à tout marocain qui quitte le sol chérifien pour se réaliser ailleurs, j’ai un peu de mal à digérer, que ce pays devienne pour certain, une aire de jeu, bonne à rien sauf pour assouvir une envie de vacances. Je n’ai pas toujours bien vécu le fait de manger des patates à toutes les sauces pour que mon père investisse outre méditerranée, mais avec du recul je me dis que ça faisait partie de son équilibre… ou peut-être que ça a conditionné son mal-être. N’ayant pas la réponse, j’ai tout de même mal quand j’entend X ou Y cracher sur son pays en l’évoquant avec un tel mépris. Alors oui, vraiment, je me le demande, si tout le monde va au Maroc en vacances, qui fera la révolution ?

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Published by Al-Trabendiste - dans MarocKinerie
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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 16:12

Lifestills 2008

Crédit: Lifestills © - 2008

 

Arrivé en France en 1965, est un migrant malien retraité. Il réside depuis 1979, dans le Foyer de Travailleurs Migrants (19e arr.), où il nous a accueilli. Il fera une multitude de petits boulots : blanchisseur, ouvrier de production pour la construction d’ascenseur, « boulanger » pour oiseaux, travaux en abattoir, chauffeur et… deviendra formateur dans l’accompagnement des migrants au  sein d'une ONG (GRDR). Sa vie est partagée entre « l’action sociale,  le salariat et le militantisme » et ses « trois maisons » :

-       - celle de son père, au village à Diataya ;

-       - la sienne, à Kayes car il est difficile pour lui de retourner au village après 40 ans de migration ;

-       - et sa « villégiature », le foyer rue de Lorraine

 

I-             Récit de vie : des « petits papiers » au militantisme

Après l'Indépendance du Mali, la disparition de  la filière de transformation de l’arachide perturbe à nouveau l’organisation sociale. Il faut à présent migrer pour gagner de l’argent, « se faire des cadeaux, pour aider la famille ». insiste sur le fait que les migrants ne sont pas élus pour le départ en France mais que c’est bien le fait d’une volonté individuelle. La migration répond ainsi à une demande réciproque des jeunes pour travailler et des entreprises à la recherche d’une main d’œuvre non-qualifiée. A l’époque des Indépendances, il a 17 ans et migre en France où pour la « jeunesse du fleuve Sénégal, Paris était un choix naturel car c’était leur ville ». A l’époque, les problèmes des migrants étaient différents, non de l’ordre des questions du séjour ou de la régularisation mais d’avantage de ceux du logement et de la distance culturelle : « être un noir  parmi les blancs ».

Son voyage en bateau jusqu’à Marseille durera 15 jours et pour seul document il a  « un petit papier » en poche : « Peu importe où tu débarques, si tu es là c’est que tu as une personne ressource, tu as un « petit papier, qui fait référence à l’adresse de quelqu’un de ta famille, de ton village, de ton canton, de ton pays, voir du continent… ». dit avoir été étonné lors de son long trajet en train jusqu’à Paris car à la différence du pays, « ce sont les blancs qui travaillent dans les champs alors qu’au pays ils sont à des postes de commandement ». Il arrive à Paris en pleine nuit. L’un de ses compagnons de voyage insiste pour qu’il le suive pour dormir dans un foyer au sous-sol, avec des lits superposés, sans fenêtre, humide où une quinzaine de personnes vivaient. Le compagnon de voyage le conduira, le lendemain matin, chez sa personne ressource, qui ne vit pas dans une cave mais dans une épicerie aménagée : sans fenêtre, les commodités sont à l’extérieur et où l’éclairage se fait au pétrole (ce qui induit de gros risques d’incendie). L’un de ses problèmes récurant est que, où qu’il se rende, il lui est indispensable d’avoir un « petit papier ». Il est aussi confronté aux autres migrants qui ne comprennent pas son désir d’alphabétisation car « Tu es là pour gagner de l’argent et retourner au pays, tu n’es pas là pour aller à l’école ». Son initiative de cours du soir, mal vue dans le foyer le privera de nombreux dîners car on ne l’attendra pas pour le repas, on jettera sa part.

 

II-            La défense des travailleurs migrants

En mai 68, année de sa majorité, il peut « déjà parler, écrire et donner des « petits papiers » aux autres, pour les aider, les indiquer ». En 70, il passera son permis, c’est le début de son militantisme. Il devient délégué du foyer de la Rive Saint Denis, assumant ainsi des doubles journées. L’un de ses combats est l’obtention de logements décents : « Le foyer de travailleurs immigrants est un village cosmopolite à Paris qui a nécessité d’avoir une certaine maturité sociale, économique, culturelle & des combats pour l’obtenir ». Les manques d’espace et de reconnaissance, pour lui, contribuent en partie aux problèmes sociaux existants. Le statut de résidant et non de locataire est assez précaire et par exemple ne protège pas des Forces de l’Ordre qui ne se gênent pas pour s’introduire dans le foyer. Le foyer compte 2 salles de réunions pour 200 habitants et une dizaine d’associations de 3 pays différents : « il faut faire la queue  pour faire réunion, sauf quand il y a un deuil [...] les condoléances sont prioritaires ».

La gestion sociale au foyer est villageoise car sur les 200 résidants, 25% sont au chômage. Personne ne s’imaginait venir à Paris pour vivre dans un foyer mais le mode d’organisation y est solidaire. Il permet au groupe de se protéger, de survivre ici et la survie du village car le migrant a « une autre vie ailleurs, il ne vit pas que pour lui ». A ce titre l’une des initiatives fut la création d’une cantine sociale au sein du foyer pour pallier à la non-présence féminine. Ce projet fut le fruit d’une bataille constante avec la Mairie de Paris et celle du 19e. Le fonctionnement y est associatif : 12 salariés à plein temps qui servent 700 repas par jour (tout le quartier y mange pour 2€50).

 

III-           La coopération…

En parallèle, il œuvre pour mener des actions pour son village d’origine, « pour mener les choses, pendant que les autres vont au dancing ». Il dit Il dit ne pas connaître l’inactivité et y trouver son plaisir... En 1973, il se retrouve « avec les aînés ». Dix ans, sans revoir son village, il y revient « avec ses moustaches ». C’est le début de la sécheresse dans sa sous-région. Dès lors, 90% des revenus du village reposent sur les migrants. Cette crise nationale l’a fortement impacté, l’eau n’était plus potable, l’alimentation avait changé en une décennie, des maladies se développèrent chez les plus vulnérables : « tout problème devient alors inquiétant ». Au-delà de la famille, la question à présent est : qu’est ce qu’on peut faire pour le village ? Les migrants se demandent que faire ? Comment se donner les moyens pour agir ? Doter le village d’une alimentation de manière collective, ainsi qu’un accès à l’eau potable ? Des caisses de solidarité et des coopératives d’achat (magasin non pour faire du bénéfice mais juste assurer les frais de fonctionnement, en se débarrassant des intermédiaires) verront le jour. Les ressortissants s’associent pour contribuer au développement du village.

  •  Des projets culturels émergent avec la construction de mosquées non plus en bois mais en béton. Des centres de santé, où la bonne volonté ne suffit pas (comme pour l’entretien d’une mosquée) mais où il est nécessaire d’avoir des compétences en matière de gestion, des salariés ou du matériel. 
  •  Des projets hydrauliques, ainsi que des projets d’éducation afin de former les gens pour gérer les infrastructures et que les jeunes générations n’arrivent pas en France sans savoir lire et écrire. Il s’agit de pallier aux carences institutionnelles et d’améliorer les conditions de vie non plus seulement de la famille mais du village par et en migration.
  •  Une collaboration émerge avec le GRDR et des liens se tissent entre le foyer et les Ecole d’Agronomie de Paris. C’est un partenariat donnant-donnant, un échange de connaissances techniques contre des connaissances au sujet du territoire des migrants. Les migrants amènent ainsi le GRDR en Afrique, dans le cadre d’un accompagnement technique pour répondre à une demande avec la conscience que la réussite du projet passe par une action collective.

dit préférer le consensus à la démocratie car il ne faut laisser tomber personne et penser au rôle de chacun. La « démocratie consensuelle » demande du temps mais chacun doit donner du sien. C’est une sorte d’import de l’essence du pays/territoire Soninké : les bases de fonctionnement  reposant sur la médiation. Par exemple lors des élections de la communauté de résidence les anciens sont automatiquement mis en avant, car jugés plus sages, ainsi le consensus se fait avec eux avant même les assemblées générales. L’organisation sociale est ainsi reproduite en France, saupoudrée de la « démocratie à la sauce Toubab »...

 

Après une vie faite de suractivité, que souhaiter à Monsieur qui nous a chaleureusement accueilli , si ce n’est une très bonne et longue retraite à l’ombre de ses manguiers ?!

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 14:25

http://a31.idata.over-blog.com/3/42/41/98/Images-peu-sages/retraite-on-s-en-fout-on-veut-pas-bosser-du-tout.jpg

 

Comment c’est dure la vie estudiantine ! Vous n’imaginez même pas ou alors vous avez sûrement oublié ! Vais-je m’en plaindre ? Tu me diras : « C’est déjà fait !»… Qui puis-je si j’ai viscéralement le besoin de croire en un monde meilleur où les enfants de tout pays et de toutes couleurs… TOZ, Enrico Macias sort vite de mon corps ! Merci à toi. Trêves de galéjades ou de niania-style (c’est toi qui vois) !


Vous, étudiants-jamais-contents, c’est à vous que je m’adresse par le présent blog. N’en avez-vous pas marre de faire semblant de faire la Révolution ? Moi, vous me fatiguez grandement. Si le changement vient de la jeunesse alors je dois être drôlement vieux car je ne suis pas des vôtres. J’apprécie peu qu’on abuse de la démocratie et organise une AG de l’AG de l’AG pour savoir si la future AG aura lieu et au final… on statuera plus tard quant au déblocus’sage de la fac et en attendant on vole les urnes comme ça on refait une AG… ou personne ne viendra parce que c’est vendredi et que tout le monde part en week-end (ou cuve la soirée étudiante de la veille).


J’étais là pour la défense de l’Anthropologie (pas le choix ma femme, non-épousée pour les papiers, fait partie de cette secte), pour la régularisation des sans faf (pas le choix j’en étais un), contre le FN, CPE, CNE, LRU, LMD (pas le choix tout ça c’est mochement moche) et autres cigles qui ne sont pour vous que de vagues souvenirs…


« Non à la flexibilité, à la malléabilité et à l’exploitation... » …mais les vacances c’est sacré donc on fait relâche et on reviendra comme une fleur à la rentrée pour à nouveau bloquer le monde estudiantin. Après toutes ces expériences, personne ne s’est dit que le nombre ne faisait pas la force car il y aura toujours quelqu’un là haut qui divisera pour mieux régner et que les syndicats et syndiqués voient vite leur capacités mobilisatrices rattrapées par leurs intérêts particuliers ? (et surtout que la France a majoritairement votée pour ce gouvernement sans même lire le Programme tout ça parce qu’elle allait gagner car elle se lève tôt)


Comment à 20 ans, peut-on devenir un flippé de la Carrière, qui pense qu’un métier c’est pour toute la vie, jusqu’à la mort? Moi ça me fait peur les troupeaux qui sous couvert d’un mouvement pour le bien être collectifo-sociétalo-bobo, ne défend que ces petits intérêts individuels d’ordre crucial tels que la crédit-maison-sur-50ans-en-périurbain et les voitures familiales-divorce-garde alternée qui vont avec…


Moi, étranger en France depuis un quart de siècle, en vous regardant manifester j’ai compris que les Révolutions sont toujours celles des bourgeois, fruits de 68ards attardés, qui une fois des mini-acquis obtenus, retournent sur les bancs de la Fac parce que ça caille en hiver ; que les examens approchent et que c’est quand même grave pas sérieux ! A bon entendeur, salut car c'est pas tout ça, mais j'ai mon Management Hospitalier à boucler... un truc qui me conduira au chômage, m'éloignera un peu plus de la retraite mais... qui fera une ligne de plus sur mon CV, et ça finalement c'est ce qui compte non? Ah non ?! Bon… alors tant pis et MERCI à Da Babouch-Team qui m'a permis de digresser en ces lieux... Faouzi  

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 17:43

Vacances blogiennes oblige,

on revient peu après la rentrée; le temps de digérer l'actualité

et de profiter des derniers faux-semblants d'été.

 

Peace - La Team

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 09:51

hh.jpg

Aujourd’hui, je suis venue vous parler d’une femme de l’ombre. Vous l’avez croisé au moins une fois dans votre vie. Cette petite fée invisible, vous croyez la connaître car quand sa journée commence la votre se finit et quand la sienne se finit la votre commence à peine. Le matricule de cet ange est : « adjoint technique 2ème classe ». C'est comme ça qu'on dit dans le métier où on travaille en pointillés mais souvent 10h par jour. 6h sur le pont et à 22h, la serpillère est raccrochée. Cette femme pour moi est bien plus que la cantinière ou la dame de service car c’est la femme la plus forte du monde. Je ne l’ai jamais vu en colère, amère ou résignée malgré la dureté de son existence fait de pénibilité et d’une dévotion qui paient un salaire de misère. Je savais combien d’heures de ménage, de repas servis et de sacrifices représentaient ce walkman que je voulais tant pour mon anniversaire. Je savais MAIS je n’ai saisi la dureté de son labeur seulement lorsque moi-même je me suis retrouvée à nettoyer les surfaces avec technique. J’ai compris combien un regard pouvait être assassin et combien de courage il faut pour porter comme une blouse certains regards plein de condescendance, qui inéluctablement finissent par t’étiqueter. Pour eux, elle n’est que la boniche et dans les bons jours la femme de ménage. Tous ceux là ne savent qu'écorcher son doux prénom, voir l'oublier pour la plonger dans l'anonymat. Certains lui manquent de respect, la tutoient et l'infériorisent. Et à chaque fois que j’entends : « travaille bien à l’école pour ne pas être comme la dame là » j’ai un pincement car ils ne savent pas la valeur des femmes de cœur.

 

J’ai longtemps voulu l’emmener loin d’ici, loin de sa fatigue, de sa précarité et de son corps meurtri fruit d’un courage infini. Pour que le quotidien ne soit plus qu’une anecdote, pour que le sourire soit la seul chose qui marque son visage. J’aurai voulu chaque matin déposer un délicat baiser sur son front. Lui dire que j’avas lu toute la fierté qu’elle avait pour moi dans ses yeux dans ses gestes. J’aurai voulu, plutôt et sans ménagement lui cracher à la gueule ces 2 dernières décennies de ressentiment. Toutes ces choses qui macéraient au fin fond de mes tripes et qui m’ont mise plus d’une fois au bord de l’indigestion. Capitaliser n’est pas toujours une heureuse entreprise. Il y a des moments où il faut faire le vide en vomissant le surplus pour à la suite un peu plus emplir son coeur! Le problème de cette manœuvre est que je ne peux ni choisir, ni occasionner le moment le plus propice pour vidanger et offrir ces 3 petits mots dont je fais l’économie et qui m’arracherait la gueule si je les lâchais ! Je ne peux pas plus prévoir la réaction du destinataire. Alors avant que mon boumkoeur n’implose, j’ai provoqué une déflagration qui m’a rendu légère. Mais c’est un sentiment de vide qui commençait déjà à emplir mon antre. Rien de plus frustrant et d’amer que de se sentir légère et pourtant si vide en même temps. J’ai voulu ravaler tout ce que je venais de lui donner mais il était déjà trop tard. Et pourquoi pas ?! Ca a un côté enivrant de se laisser happer par la foule de ses affectes, par ce montre à une tête seulement guidée par le cœur. Alors, Maman JE T’AIME, même si chez nous ces choses ne se disent pas.

 

Pas besoin de long discours son amour est une démonstration infinie. Jour après jour elle m’a donné de quoi construire, solidifier mes fondations. Elle m’a appris les gens, leurs bons côtés comme leurs pires penchants. Qu’il n’y a pas de sot ou de sous métier, juste des imbéciles qui dévalue nos capacités. Que nous n’avions pas besoin de leur pitié et que quand on veut on peut ! C’est celle qui a su garder sa dignité et qui m’a transmis les plus belles des valeurs. Elle a mis son bonheur de côté, fonce, se bat et trime à la sueur de son front pour que nous ne manquions de rien, pour que nous connaissions un avenir différent. C’est celle qui fera le plus d’invocations pour moi, de louanges et de bénédictions à chaque étape faussement fatidique de ma vie. Celle qui faisait tomber ma fièvre avec un peu de fleur d’oranger. Un pilier dans mon existence à qui je ne pourrais offrir tout ce qu’elle m’a donné. Le 1er verre de thé sera toujours pour elle. Je ne comprendrai jamais ce qui lui permet de tenir et d’avancer. Elle m’a donné envie de me battre et a remis mon ingratitude et mon orgueil en place. Je n’ai par conséquent pas le droit de la décevoir. Non parce qu’elle m’a tout donné mais parce qu’elle est la source de tous mes accomplissements et de mes ambitions. Assurément, rien n’a été crée de meilleur qu’elle et j e n’aurai jamais sa force, je ne ferai jamais mieux qu’elle.

 

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La-Babouch-K® est née d'une fusion entre une chaussure pointue aérodynamique reçue en pleine face et d'une matriochka alcoolisée au thé à la menthe.

Bon ok, en vrai c'est parce qu'elle est ethniquement beur demi slave et qu'elle a une passion pour la chaussure pointue d'Afrique du Nord.

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